À Propos
François Feydy
Démarche artistique
Je suis artiste plasticien : graveur, illustrateur et vidéaste.
Mes créations suivent deux fils rouges. L’un est formel, la gravure, l’autre conceptuel, l’onirisme. Maîtrisant les savoirs faire de la gravure en taille douce (sur plaque de métal) et en taille d’épargne (sur plaque de bois et linoléum), mon imaginaire se transcrit sur des matrices que j’imprime pour réaliser mes estampes.
Je poursuis cette recherche dans mes illustrations. Je dessine en retravaillant directement mes estampes ou en les découpant pour les recomposer en paysages grandioses et personnages hauts en couleurs.
Je pratique aussi la vidéo, notamment en lien avec le spectacle vivant via le live painting et le Vjing (mixage vidéo en live). Ainsi, j'hybride mon savoir-faire artisanal à mon travail numérique : je découpe mes estampes, les recompose, use d’encres, de peintures et même de café afin de garder une sensibilité matérielle dans le numérique. Mes vidéos créent des décors mouvants lors de spectacles ou accompagnent des musiciens pendant leurs concerts. Mes œuvres sont des fenêtres vers mes univers, mes mondes, empreints de poésie et d’onirisme.
À l’instar du fantastique oscillant entre merveilleux et réel, je maintiens un équilibre entre figuratif et abstrait.
L’Atelier du Merle, du Brave et du Bovin, Paris
Faire vivre un atelier de gravure
Depuis 2017, j’ai toujours pratiqué au sein d’ateliers que j’ai cofondé avec d’autres artistes graveurs. Au sein de l’Atelier de la Carabine d’abord puis de l’Atelier du Merle, du Brave et du Bovin aujourd’hui, avec les artistes graveurs Louis Genty et Nicolas Bical. J’ai ainsi appris à faire vivre un atelier de gravure et d’artiste de multiples manières :
- en mettant en place des procédures de travail en commun et de gestion d’un espace partagé
- en gérant les stocks de matériels et d’outils
- en expérimentant l’émulation d’un travail en atelier, en collectif
- en participant à des expositions collectives (Galerie-Musée Carnot à Villeneuve sur Yonne, Galerie de Manifestampe à Paris, Journées de l’Estampe Contemporaine de St Sulpice à Paris…)
- en organisant des portes ouvertes pour faire découvrir la gravure lors des Journées Européennes des Métiers d’Arts, en partenariat avec le Musée de la Poste à Paris
- en organisant des expositions et des marchés de noël au sein de l’atelier
- en créant des éditions (recueil de bande dessinée et papeterie) et des créations textiles collectives
- en organisant de stages de gravure au sein de l’atelier
Biographie
François Feydy grandit entouré des peintures de son arrière grand-père André Blondel, peintre polonais au trait spontané et aux couleurs vives inspirées du fauvisme. C’est peut être de là qu’est né son goût pour les arts visuels. Sa grand-mère vietnamienne lui transmet un amour de cette culture qui se retrouvera plus tard dans ses gammes de couleurs, ses cascades de motif et les lignes de vêtements de ses personnages.
François Feydy nourrit son imaginaire d’œuvres de fiction qui peignent des univers immersifs, globaux. Il se transpose dans les interminables dédales de Kafka, dans les intrigues politico-mystiques de Dune de Frank Herbert, dans les différentes peuplades du monde de Nausicaa d’Hayao Miyazaki ou encore dans les théories astro-sociologiques de la trilogie du Problème à Trois Corps de Liu Cixin.
Il commence la pratique du dessin au contact de Lydia Lasota, artiste plasticienne éclectique qui lui fait aussi découvrir la gravure. Confirmant sa passion pour cette pratique à l’école Estienne, il décide d’en suivre le Diplôme de Métier d’Art (DMA), section dirigée par la plasticienne Françoise Pétrovitch. Il apprend ainsi les différentes techniques traditionnelles de gravure ainsi qu’une méthodologie dans la création de projet. Il obtient brillamment son diplôme en 2017 pour la réalisation de Tsongor, livre d’art d’après la Mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé.
Il poursuit son apprentissage aux côtés de Torben Bo Halbirk, artiste graveur danois, en l’assistant sur sa série Pandora dans son atelier rue du Chemin Vert à Paris. François Feydy découvre à ses côtés une manière très picturale d’envisager la gravure, par l’utilisation des procédés d’impressions à la Hayter et des surimpressions. Le tirage devient plus que la simple reproduction d’une matrice, c’est un terrain de recherche de combinaisons de couleurs, de plaques formant une arborescence de possibles : des multiples différenciés. Il expérimente aussi des techniques laissant plus de place à l’aléatoire tel que le bitume. Au cours de cette période, il réalise les gravures “Gargouille” et “Tundra”.
Toujours en 2017, il crée avec des camarades de promotion l’Atelier de la Carabine à Paris, atelier de gravure soutenu par Guy Vigoureux, Meilleur Ouvrier de France en Gravure de Lettres. Il y apprend la gestion d’un atelier collectif qui devient lieu de rencontres et de résidence pour artistes. L’Atelier se construit aussi en collectif d’artistes, montant des projets d’édition comme “Sale Quart d’Heure”, livre d’art compilant des expériences de vie illustrées en linogravure ; des expositions dans différents lieux : au sein de l’atelier, des galeries (Alma, et Manifestampe à Paris en 2019), des festivals et journées culturelles (Journées du Patrimoine, Journées de l’Estampe), salons de métiers d’arts… François Feydy participe ainsi à de nombreuses expositions collectives et en son nom, il intègre la 19e Biennale Internationale de Gravure de Sarcelles.
François Feydy affirme sa démarche personnelle en amenant de l’imaginaire par la matière avec sa série “Fenêtres”, réalisée en gravure sur carton, et les gravures “Fleur”, “Kimono” et “Comme une Pierre” inspiré par l’enfance de sa grand-mère vietnamienne.
Il décide en 2019 de consolider son savoir théorique en histoire de l’art et esthétique en suivant la Licence d’Arts Plastiques de la Sorbonne à Paris. Il devient à la suite de l’obtention de son diplôme artiste intervenant à Garges les Gonesses. Dans différentes écoles de la ville ainsi qu’au conservatoire, il mène des projets de fresques collectives, de micro-éditions, de décors… Le conservatoire offrant la possibilité de travailler avec les sections danse, musique ou encore théâtre, il met en œuvre des projets transversaux, transdisciplinaires. Le contact avec les enfants, leur spontanéité lui permettent de réapprendre en apprenant. C’est une expérience tant humaine qu’artistique. Il enseigne actuellement comme artiste-enseignant au sein de l’atelier Lyl’Art à Joinville-le-Pont, auprès d’enfants, adolescents et adultes.
Depuis 2020, François Feydy travaille dans l’atelier du Merle, du Brave et du Bovin, à Paris, qu’il a fondé avec deux autres artistes graveurs : Théo Brajeul et Louis Genty. Lieu de travail privilégié, il peut s’épanouir dans la création de son univers : la Lande. Ses gravures et dessins représentent dès lors les paysages orageux et les personnages hauts en couleurs de ce monde à la pluie éternelle. François Feydy poursuit son exploration de la matière et de la couleur en affirmant une pratique de gravure en taille directe, via le berceau et la pointe sèche. Il manie un nouveau panel de matières, plus fragiles et façonnés dans le métal petit à petit, comme les pas des Landards avançant sur les étendues rugueuses de la Lande. Ces travaux donnent lieu à sa première exposition personnelle “Sur la Lande” en 2020 dans la galerie Laurence Mauguin à Paris.
Il entame ensuite l’écriture de “Hakao”, son premier roman graphique. Toujours dans l’univers de la Lande, ce dernier est un conte initiatique narrant le voyage de Hakao, seul être adapté à cet univers pluvieux, en quête de ses origines. Les illustrations du livre intègre la gravure en la retravaillant directement sur les tirages ou en les découpant, recollant pour composer l’univers magique du livre. Il termine “Hakao” en juin 2023 et le présente dans le cadre d’une exposition à Mains d’Oeuvres à Saint Ouen. Les planches du livre sont présentées aux côtés de gravures mais aussi d’une installation sonore et vidéo, entièrement pensée par l’artiste, accompagnant le spectateur dans une expérience immersive.
En parallèle, François Feydy entame une carrière de vidéaste pour le spectacle vivant grâce à sa rencontre avec Janice Zadrozynski, directrice artistique artistique de la compagnie Shin en 2020. Il devient collaborateur régulier pour cette compagnie, développant son travail vidéo pour des spectacles. Il participe à la création de Baïkal, spectacle transdisciplinaire mêlant théâtre, musique, vidéo et live painting. Il crée Coffee Stories avec Janice Zadrozynski, une lecture illustrée en direct dans du café, sous forme de spectacle atelier. Les spectateurs deviennent dessinateurs après un atelier de dessin dans le café. En 2022, il crée l’univers visuel du spectacle Une Iliade à la MC93, mis en scène par Janice Zadrozynski, d’après un texte de Daniel Conrod. Il performe en direct du Vjing (mixage vidéo) et du live painting activant “La Grotte aux Images”, dispositif vidéo interagissant avec les comédiens.
Durant cette même période, il fait la rencontre de Charles Millet, compositeur électro-acoustique, qui lui propose de travailler sur un duo techno et Vjing, Fitsaki et Pimpante. Tous les deux créent un concert dans lequel musique et image se répondent pour livrer une expérience totale. Ils ont l’occasion de performer dans de nombreux lieux tels que le festival PHNM Fréquences à Saint Étienne en septembre 2023 ou encore la Fête d’Anniversaire de Mains d’Oeuvres, Saint Ouen, en décembre 2023. Il réalise aussi en gravure la pochette de son EP The Last Got Session.
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